Chez Gucci, une transition réussie entre nostalgie et audace sous l’œil du studio créatif
Pour sa collection automne-hiver 2025-26, Gucci navigue entre héritage et modernité, tout en laissant une nouvelle empreinte esthétique.
Le défilé Gucci automne-hiver 2025-26, sous la direction de l’équipe de création intérimaire après le départ de Sabato De Sarno, a offert un spectacle qui oscillait entre l’intemporalité et l’audace. Loin des teintes rouges signature Ancora du précédent créateur, la Maison milanaise a opté pour un vert profond, omniprésent dans les invitations, l’aménagement du lieu et même sur le podium laqué, signalant une rupture esthétique marquante. La collection, divisée en deux actes, mêlait subtilement des influences contrastées : la première partie, entièrement féminine, évoquait la Margot Tenenbaum (La Famille Tenenbaum) de Wes Anderson, avec des manteaux en fausse fourrure, des collants de couleurs vives et des coiffures nettes, tandis que des looks à la Little Edie (Grey Gardens) se faisaient une place, alliant cardigans en laine et jupes crayon pailletées. La palette — un mélange osé de verts acides, de pourpres délavées et d'orangés rouillés — apportait une touche presque surréaliste, mais terriblement réussie. Côté masculin, les costumes taillés avec précision dans des tons sucrés de vert et de rose étaient sublimés par des manteaux en vinyle et des chemises métalliques. Un défilé qui, tout en étant un passage de relais, réussit à incarner l’essence débridée et élégante de Gucci, tout en jouant avec les codes de l’imaginaire collectif.