Lucky Love : "J'ai toujours pensé ma musique et Lucky Love comme un objet global"
De son vrai nom Luc Bruyère, Lucky Love se révèle en un premier album, I Don’t Care if it Burns, tantôt poignant, tantôt joyeux, toujours introspectif. Rencontre.
L’OFFICIEL : D’où vient l'idée de votre pseudo, Lucky Love ?
Lucky Love : Il vient d’abord de mon enfance. C'est ma mère qui m'appelait comme ça, je m'appelle Luc. Et Love, c'est parce que j'ai été marié à un homme australien. On s'est mariés à Copenhague et il se trouve qu’au Danemark, quand il s’agit d’un couple de même sexe, on peut se choisir un nom en commun. Sur le moment, on ne le savait pas. Le jour de notre mariage, on ne nous l'avait pas dit. Quand le maire nous a demandé notre choix, on a été un peu pris de court… Et on a décidé de s'appeler Love ! Et vous l’avez : ça a donné Lucky Love.
LO : Quelles ont été vos inspirations sur cet album ?
LL : J'ai voulu travailler un album qui était un album de pop anglo-saxonne. Je me suis servi de mes icônes, comme Elton John, Lady Gaga ou Michael Jackson, parce que je voulais vraiment faire un album de grande pop. Puis j'ai ajouté certaines de mes références gospel, comme Nancy Dupree, parce que je suis amoureux de son album Ghetto Reality, qu'elle a réalisé en 1969 qu'avec des enfants du Bronx. Sans oublier quelques références rhythm and blues, avec, peut-être, un peu d’Amy Winehouse.
LO : Qu'est-ce que vous aimeriez que vos auditeurs se disent après avoir écouté l'album ?
LL : J’aimerais qu'ils sortent de chez eux et qu'ils aillent vivre la vie à pleines dents. Ça m'est déjà arrivé d'écouter un album et de me dire "Ok, ce soir, je sors, je me fais beau et je change de vie" ou de faire mes valises sur une chanson en me disant "Elle me décide à changer de vie, elle me décide à à ne plus avoir peur". Il y a quelque chose comme ça, je trouve, de l'ordre du refuge dans la musique qui parfois réconforte et aide aussi à avancer, à grandir. J’espère que ma musique pourra avoir le même effet pour certaines personnes.
LO : Comment définiriez-vous votre musique ?
LL : De la pop, parce que je veux que ma musique parle à tout le monde. Mais plus important pour moi, je veux que ma musique soit universelle. Je dirais également que c'est une safe place, que c'est un endroit sûr et plein d'amour.
LO : Est-ce qu'il y a eu une figure qui vous a aidé dans votre construction musicale ?
LL : Il y en a eu plusieurs. Je pense que celle qui m'a aidé le plus, c'est Lana Del Rey… Parce qu'elle m'a réellement, concrètement aidé ; c’est elle qui m'a donné ma première exposition publique en repostant mes vidéos sur Instagram. Je lui dois beaucoup. Après je pense simplement que je dois également beaucoup à mon époque pour ce qui est de la création musicale, je m'inspire de mon environnement, du monde dans lequel je vis, des personnes que je rencontre, et ce sont elles les vraies inspirations de cet album.
LO : Quelle place prend la mode dans votre quotidien ?
LL : C’est très important, déjà parce que c'est mon premier métier puisque j’ai commencé avec le mannequinat. Et j'adore la mode, j'ai toujours aimé ça. J'ai toujours pensé que la mode et la musique vont de pair. Les vraies icônes vont extrapoler leur musique grâce à leurs looks, grâce aux choix vestimentaires faits. Je pense que Michael Jackson, s'il avait porté par exemple un jogging et des baskets, ça n'aurait pas été le même Michael Jackson. C’est ainsi que j’ai toujours pensé ma musique et Lucky Love comme un objet global, qui est autant visuel que musical. Pour moi, la mode me permet de devenir Lucky Love. Elle me permet d'enfiler mon costume, j'ai l'impression d'enfiler ma propre cape de super-héros. C'est ce qui me permet de sortir de moi. J'ai toujours aimé travailler avec la mode et faire résonner les deux médiums ensemble. Et c'est pour ça que mes collaborations avec John Galliano ou avec Gucci étaient incroyables.
LO : On parlait d’uniforme. Quel serait l'uniforme Lucky Love ?
LL : Une paire de lunettes, noires de préférence. Et puis, un beau costume de couleur. Jamais de noir, mais de très beaux costumes de couleur. J'adore les costumes colorés et ce qui brille. Je suis une pie, j'adore ce qui brille. (Rires)
LO : Quels sont vos projets à venir ?
LL : De nombreuses choses arrivent. Cet album, il est... Déjà, on va devoir le défendre. Il y a des clips qui arrivent avec cet album, puis une tournée. Arrivera également une réédition d'un album sur laquelle je travaille déjà, avec des featurings qui vont être vraiment intéressants. Je suis très content de ce que le futur proche réserve.
LO : Pour rebondir sur vos clips, justement, le dernier que vous avez partagé a été particulièrement remarqué, notamment avec la participation de Camille Razat. Comment s'est tissée ce partenariat avec elle ?
LL : Camille et moi, on est de vieux amis, on a fait les cours Florent ensemble. Nous sommes toujours restés amis, nous nous sommes vus évoluer et avons quand même tourné autour d'un même monde. Je lui avais dit dès le début "Écoute, je rêve à un moment, je ne sais pas encore quand ce sera, mais je rêve qu'on fasse un clip ensemble"… et elle m'avait répondu du tac au tac "Dès que tu as l'idée, tu me préviens et je serai là". Et, en effet, elle a été là. On a adoré faire ce clip, on a beaucoup, beaucoup ri. Je l'aime énormément, Camille, parce que je trouve que c'est une c'est un bout de femme déjà extraordinaire, en plus de ça c'est une actrice vraiment talentueuse et elle n’a pas oublié d'être qui elle est… C’est vraiment agréable !
I Don’t Care if it Burns, disponible depuis le le 15 novembre 2024.
Lucky Love sera en concert les 24 et 25 mars 2025 (SOLD OUT) à la Cigale, le 18 novembre 2025 à la Salle Pleyel, en tournée en France et Europe.