Harry Winston et la vie en couleurs
La gloire de Harry Winston s’est exprimée par le diamant. Par le diamant de légende plus précisément. Pour donner la juste mesure du niveau d’excellence auquel s’astreignait le joaillier américain, citons simplement cette anecdote publiée par le Times : « Harry Winston possède la deuxième plus grande collection de bijoux historiques au monde, la première étant celle de la famille royale d'Angleterre ». Cette affirmation date de 1952 : Harry Winston avait fondé sa maison éponyme à New-York vingt ans auparavant. On estime aujourd’hui que, durant l’ensemble de sa vaste carrière, le joaillier né en Ukraine en 1896 fut le possesseur de plus d’un tiers des diamants les plus convoités au monde : le Jonker, le Lesotho, le Vargas, et bien entendu le Hope. Ce diamant bleu provenant des mines de Golconde (le plus gros jamais découvert à ce jour) était célèbre pour ses origines illustres puisqu’il avait appartenu à Louis XIV avant d’être dérobé au garde-meuble national lors du vol des joyaux de la Couronne de France pendant la Révolution. Harry Winston l’avait acquis en 1949 avant d’en faire don dix ans plus tard au Smithsonian Institute de Washington où il bénéficie depuis, et à juste titre, d’une pièce qui lui est réservée. Le nombre de visiteurs qui se pressent pour admirer cette gemme d’origine royale (six millions de visiteurs par an : seule La Joconde fait mieux) prouve la valeur de ce don. Encore aujourd’hui, la maison, dirigée depuis 2013 par Nayla Hayek, perpétue avec passion cette prédilection pour la pierre précieuse : pas un semestre ne s’écoule sans que la maison ne fasse l’admiration des connaisseurs en annonçant l’acquisition d’une gemme hors du commun.
Cette passion pour le diamant ne doit cependant pas faire oublier une autre facette du joaillier : son aptitude à mettre en lumière les pierres par le design. Cette aptitude repose sur l’étendue d’un imaginaire constamment aux aguets, la force d’une expertise inégalée en matière de gemmologie et sur la richesse d’un artisanat savamment préservé. Cette étendue, cette force et cette richesse constituent une signature qui s’épanouit précisément dans la nouvelle collection de haute joaillerie. Rendant hommage à un objet précieux créé par la Maison dans les années 90 - l’Ultimate Kaleidoscope - la collection explore la nature prismatique de la lumière. Trente-deux pendentifs de haute joaillerie auxquels il faut ajouter 5 montres de haute joaillerie et 6 modèles de montres Premier traduisent en myriade de pierres fines et précieuses les motifs géométriques mouvants et les combinaisons chromatiques inattendues tels qu’ils pourraient s’ordonner sous l’objectif du célèbre l’instrument d’optique. Pour permettre aux rubellites rouges de dialoguer avec les tsavorites vertes, pour autoriser les saphirs violets à se faire l’écho des aigues-marines, de la turquoise et de la tanzanite sous le regard bienveillant du diamant, le métal s’efface jusqu'à disparaître grâce à la finesse d’un sertissage virtuose. En résulte des figures hypnotiques qui semblent vouloir concilier les notions de permanence et de changement, comme une métaphore de la Nature (qui sous une apparente immuabilité sait toujours renaître dans des compositions nouvelles), une incitation à l’optimisme et une exaltation de l’élan vital.