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Sans grigris ni falbalas
Tel est le cas de Marie-Laure, sémillante Parisienne d’une quarantaine d’années qui, il y a quatre ans encore, travaillait chez Thales. Un jour, une amie qui connaît ses prédispositions médiumniques l’inscrit à un stage de la FSS : “Tu vas voir, c’est pour toi !” C’est une révélation. Sous la houlette de Laurent Huguelit, elle découvre deux jours durant, au milieu d’une quarantaine de participants, les voyages chamaniques au son du tambour. “L’instrument, frappé à l’unisson, permet de créer un état modifié de conscience et de ‘partir’ à la rencontre des esprits”, explique-t-elle. Marie-Laure part si bien que, à la fin d’une session, son corps est pris de secousses ; elle sent qu’elle a un message à délivrer au groupe. Ceux qui viennent la voir sont frappés alors par ce qu’elle leur révèle sur leur propre vie comme si elle pouvait communiquer avec certains de leurs proches décédés. Son destin est scellé. Après dix-sept ans passés en entreprise, elle quitte son métier et se lance dans les études chamaniques avant de monter dans la foulée son cabinet, La Voix Étoilée. C’est là, dans un deux-pièces épuré du 18e arrondissement de Paris, que Marie-Laure, qui ne porte ni grigris ni falbalas mais une petite robe bleu marine et de longues bottes en cuir, reçoit ses patients. Elle les installe dans un fauteuil taillé dans un tronc de cèdre, commence à leur poser des questions sur leurs blocages ou leurs traumas puis se met à jouer du tambour. Parfois elle se sert aussi de son souffle, de sa voix ou de ses mains, l’idée étant de “ramener des bouts d’âmes égarées à cause de notre passé ou de notre culture familiale et de les réinjecter dans le corps pour que la personne se sente à nouveau entière et libre de faire les bons choix.” Dit comme ça, on croirait de la sorcellerie, mais les résultats, eux, sont bien réels : “Une personne qui avait la phobie des voyages est partie vivre un an au Japon”, se félicite-t-elle, “une autre qui était stérile depuis des années a eu une petite fille ; une dernière qui était terrorisée à l’idée de se faire enlever un sein a fini par être en paix avec sa maladie et se trouve sur la voie de la guérison.”
Les thérapeutes comme Marie-Laure font florès aujourd’hui. Et si d’aucuns peuvent être assimilés à des charlatans, nombreux sont ceux qui ont étudié en profondeur ces techniques ancestrales pour les réinterpréter selon les codes occidentaux. Ainsi Laetitia Merli, qui après avoir longuement fréquenté des chamans en République de Touva (dans la Fédération de Russie) et en Mongolie en tant qu’anthropologue et réalisatrice de documentaires, a décidé de mettre en pratique ce qu’elle y avait appris. “J’ai découvert que de nombreuses thérapies modernes perpétuent ce dispositif dans lequel le chaman est un intermédiaire entre le visible et l’invisible, le physique et l’énergétique”, racontet-elle. Ce qui l’a conduite à développer une forme de syncrétisme mêlant l’hypnose ericksonienne et le tambour, la pleine conscience et le qi gong. “Pas besoin de se mettre des plumes, un costume à franges et de faire des bonds avec son tambour pour soigner les gens”, poursuit-elle. “L’important est de trouver les solutions adaptées à chaque personne.” Des solutions dont les bienfaits sont confirmés aujourd’hui par “les découvertes scientifiques en neurobiologie, en imagerie médicale et en sciences cognitives”, comme elle le souligne.
Vous chantez, vous dansez, vous posez comme mannequin, vous dessinez, même... Cette transversalité, vous la revendiquez ?
Je suis un être artistique, ça c'est sûr. J'aime écrire des nouvelles, je dessine des mangas, des BD... La musique, en revanche, c'est quelque chose que je ne sais pas faire de temps en temps. Je dors en musique. Il n'y a jamais un moment où elle me dérange. Faire une chanson, c'est faire communier trois arts : composition, écriture et interprétation.
Vous venez de Bruxelles, mais vous êtes née au Congo...
J'ai eu la chance d'avoir des parents qui se sont beaucoup sacrifiés pour que leurs enfants aient une culture générale, puissent voyager, rencontrer d'autres personnes, être ouverts d'esprits... Entre la Belgique, le Rwanda où j'ai passé plusieurs années de ma vie et le Congo, on a grandi dans des sociétés radicalement opposées.
C'est aussi le sujet de "Dilemme", votre premier titre...
Le pitch de base, c'était : "Je suis la perle parmi les pierres et la pierre parmi les perles." Quand tu grandis dans le ghetto et que tu as un talent, c'est très cliché mais tout le monde place son espoir en toi. Alors il y a "le noir qui fait du foot", "le noir qui fait du basket", "la noire qui chante"... Et puis, grâce à ton travail, tu atterris dans un monde à des années lumière. Là où tu étais la perle, tu deviens la pierre. La chanson parle de l'opposition entre différentes facettes de ma personnalité, de ma vie mais aussi de la société.
Perle ou pierre : si vous pouviez vous réincarner en quelque chose, ce serait ?
Un livre ! Quartier lointain, de Jirō Taniguchi. J'ai lu des milliards de mangas et c'est le livre qui m'a le plus touchée. Pourtant, il ne raconte rien d'extraordinaire, juste une histoire très calme... Il en émane une telle nostalgie ! Voilà ce que j'ai envie de faire avec ma musique : faire ressentir quelque chose aux gens.